Depuis plusieurs années, les entreprises européennes réfléchissent à la manière de réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine.
Les raisons sont assez évidentes.
Tensions géopolitiques, droits de douane, évolutions réglementaires et perturbations des chaînes d’approvisionnement ont poussé de nombreuses entreprises à revoir leurs choix en matière d’achats et de production.
Certaines cherchent désormais de nouveaux fournisseurs en Europe. D’autres se tournent vers l’Asie du Sud-Est, l’Inde ou d’autres marchés industriels.
Mais une question reste plus difficile à trancher :
L’Europe peut-elle réellement réduire sa dépendance à la Chine sans augmenter ses coûts ni rendre ses chaînes d’approvisionnement plus complexes ?
S’éloigner de la Chine est plus facile à dire qu’à faire
La Chine n’est plus simplement un pays vers lequel les entreprises se tournent pour réduire leurs coûts de fabrication.
Au fil des décennies, elle a développé l’un des écosystèmes industriels les plus complets au monde.
Pour un même projet, une entreprise peut y trouver non seulement le fabricant du produit final, mais aussi des fournisseurs de matières premières, de composants, d’emballages, de moules, d’électronique, de traitements de surface ou encore d’assemblage, parfois dans une même région industrielle.
Cette proximité change beaucoup de choses.
Pour une entreprise européenne qui développe un nouveau produit, travailler avec plusieurs fournisseurs spécialisés répartis dans différents pays peut entraîner davantage de délais, de transport et de coordination.
La densité du réseau industriel chinois permet souvent de simplifier une partie de cette organisation.
C’est particulièrement vrai pour les produits personnalisés, les projets OEM et les produits qui nécessitent plusieurs procédés de fabrication.
Diversifier ne signifie pas forcément quitter la Chine
C’est là que la réflexion devient plus intéressante.
Réduire sa dépendance ne signifie pas nécessairement arrêter de travailler avec la Chine.
Pour de nombreuses entreprises, une approche plus réaliste consiste à diversifier leurs sources d’approvisionnement.
Une entreprise peut par exemple conserver son fournisseur chinois actuel tout en développant une seconde source dans un autre pays.
Une autre peut continuer à fabriquer certains produits en Chine tout en transférant une partie de sa production ailleurs.
L’objectif n’est donc pas forcément de trouver un pays capable de remplacer entièrement la Chine.
Il peut simplement s’agir d’éviter de dépendre excessivement d’un seul fournisseur, d’un seul marché ou d’un seul site de production.
Cette approche peut rendre la chaîne d’approvisionnement plus flexible tout en conservant l’accès aux capacités industrielles chinoises.
La Chine évolue elle aussi
Dans le même temps, le rôle de la Chine dans l’industrie mondiale évolue.
Le pays ne fournit plus uniquement des produits finis destinés aux consommateurs. Il exporte également de plus en plus de machines, de composants industriels, d’équipements de production et de technologies utilisés par des fabricants dans d’autres pays.
Cela signifie qu’une entreprise qui cherche à diversifier sa production peut continuer à dépendre de fournisseurs chinois à un autre niveau de sa chaîne d’approvisionnement.
Un produit assemblé dans un autre pays asiatique peut, par exemple, intégrer des composants, des machines ou des matières premières provenant de Chine.
La question devient donc plus complexe.
Il ne s’agit plus seulement de demander :
« Comment déplacer notre production hors de Chine ? »
Mais aussi :
« À quels endroits la Chine reste-t-elle pertinente dans notre chaîne d’approvisionnement ? »
Le coût ne se résume pas au prix d’usine
Lorsqu’elles comparent la Chine à d’autres destinations de sourcing, les entreprises commencent souvent par regarder le prix unitaire.
Mais le coût réel d’un approvisionnement va bien au-delà du devis du fabricant.
Transport, moules et outillages, quantités minimales de commande, contrôle qualité, développement produit, communication et délais de production doivent également être pris en compte.
Un prix unitaire plus bas ne signifie donc pas automatiquement une chaîne d’approvisionnement moins chère.
C’est particulièrement vrai pour les produits techniques ou personnalisés.
Trouver un fournisseur capable de fabriquer correctement le produit, de communiquer efficacement et de maintenir une qualité constante peut avoir davantage de valeur qu’obtenir le devis initial le plus bas.
Vers une stratégie d’achat plus flexible
Pour les acheteurs européens, l’avenir ne consiste peut-être donc pas simplement à choisir entre la Chine et l’Europe.
Il pourrait plutôt s’agir de construire une stratégie d’approvisionnement plus flexible, adaptée à chaque produit.
La Chine peut rester une base industrielle importante, tout en développant d’autres sources d’approvisionnement dans les pays où cela présente un intérêt.
Cela demande de regarder chaque produit séparément.
Où est-il fabriqué ?
Quels sont les composants les plus importants ?
Est-il facile de changer de fournisseur ?
Quel est réellement le coût rendu ?
Que se passe-t-il si la production est interrompue ?
Et surtout :
Quels fournisseurs sont capables d’accompagner le produit sur le long terme ?
Ce sont des questions auxquelles il n’est pas toujours facile de répondre depuis l’Europe.
Comment ECI peut accompagner les entreprises
C’est notamment dans ce type de situation qu’un partenaire de sourcing peut apporter une réelle valeur ajoutée.
Chez ECI, nous accompagnons les entreprises européennes à la recherche de fournisseurs et de solutions de production en Chine.
Notre rôle ne consiste pas simplement à identifier une usine et à transmettre un devis.
Selon le projet, nous pouvons rechercher des fabricants adaptés, comparer différentes options de production, échanger sur les exigences techniques, organiser les échantillons, visiter les usines et assurer le suivi de la production et du contrôle qualité.
Pour les entreprises qui travaillent déjà avec la Chine, cela peut également passer par la recherche de fournisseurs alternatifs afin de réduire leur dépendance vis-à-vis d’une seule usine.
L’objectif n’est pas de convaincre les entreprises de tout acheter en Chine.
Il s’agit plutôt de les aider à comprendre dans quels domaines la Chine reste pertinente, où une diversification peut être intéressante et comment construire une stratégie d’achat qui fonctionne réellement.
Chine ou pas Chine ?
Le débat sur la réduction de la dépendance à la Chine devrait encore se poursuivre.
Pour certains produits, déplacer la production vers un autre pays peut être une solution pertinente.
Pour d’autres, l’écosystème industriel, la flexibilité et le réseau de fournisseurs disponibles en Chine restent difficiles à remplacer.
Il n’existe probablement pas une seule réponse valable pour toutes les entreprises.
La question la plus utile pourrait finalement être :
Plutôt que de se demander si l’Europe doit quitter la Chine, ne faudrait-il pas réfléchir à la place que la Chine peut occuper dans les chaînes d’approvisionnement de demain ?
